Manoutchehr's (2010)

Spectacle tout public. Durée : 40 minutes.

Chorégraphie : Parwanhe Tomiko Frei

Performers : Angela Babuin, Elsa Cogan, Goncalo Cruzinha

Musicien : Geof Vasseur

C’est comme manger une pomme, savourer chaque petit morceau soigneusement et consciencieusement, pour préparer un passage juteux dans la gorge et créer un atterrissage en douceur dans l’estomac.
Arrivée/départ
Les pommes sont bonnes pour la digestion.
Il est dit

Parwanhe Tomiko Frei

Note d’intention :

La création « MANOUTCHEHR’S » est née du désir de faire une recherche sur les origines et les racines de « la femelle ».

Qu’est-ce qu’une « femelle » et pourquoi? D’où vient-elle ?

Qu’est-ce qui chez la femme peut-être considéré comme de l’acquis ou de l’inné ? Quels sont les caractères communs que l’ont peut trouver dans chacunes d’elles ?

C’est alors que la pomme est née dans sa force symbolique de séduction et de désir. Dans tout ce qu’elle dit de la connexion et de l’attirance homme/femme, la pomme fruit défendu, représente la force de la femme qui réussit à séduire l’homme.

Cette pomme est responsable de la première confrontation fondamentale dans le rapport « femelle/mâle », de l’éviction du paradis et de la conscience du corps dans sa nudité ayant pour conséquence l’enfantement.

La pomme m’a mené ensuite vers une troisième métaphore.

Pour chaque personnage le fruit est une boîte à secrets, elle peut représenter une douleur, une histoire d’amour, un fragment de passion, de souvenirs... des questions sans réponse, des malentendus non résolus... et que sais-je encore ?

La pomme se pèle comme un oignon, petit à petit chaque couche est révélée. Nouvelles et délicates perceptions : derrière la lumière de la beauté, il peut y avoir une mélancolie, une obsession ou un personnage schizophrène.

Parfois j’ai tout simplement choisi d’en rire.

Nous verrons deux jeunes femmes foncièrement différentes dans leur approche et digestion de leur pomme. Si nous écoutons attentivement et consciencieusement, nous pourrons entendre deux femmes nous parler de leur intime féminité.

Et quelque part, au milieu, s’élève le mâle : un homme debout, dans la lumière opaque, jonglant avec des pommes. Un mâle qui représente la fragilité de la femme, un mâle séduit par une femme, un mâle comme une projection de faiblesse, un mâle comme un fantôme, un mâle comme un conteur, un mâle avec un pouvoir, un mâle qui se perd par la digestion des femmes.

Un homme en costume et à sa manière innocent, naïf, pur, impulsif et instinctif.

P.T.Frei